Luang Prabang, entre l’Asie et l’Europe

Même s’il demeure assez marginal, c’est sans contredit à Luang Prabang, ancienne capitale du pays, que le tourisme est le plus fort. Située en plein centre du Mékong, cours d’eau de 4,500 kilomètres qui serpente à travers le Tibet oriental, la Chine, le Myanmar, le Laos, la Thaïlande, le Cambodge et le Viêt Nam, la ville de 70,000 habitants offre aux visiteurs un décor et une atmosphère situés entre l’Asie et l’Europe.
Les petites rues de Luang Prabang offrent un certain charme européen.
C’est que Luang Prabang a été à la fin du XIX siècle placée sous le protectorat français, ce qui a sans aucun doute laissé des traces encore bien visibles de la présence française. Au centre de l’Asie, avec des habitants, des plats et des coutumes asiatiques, Luang Prabang est faite de petites ruelles fleuries et de bâtiments de pierres qui rappellent tout de suite certaines vieilles villes d’Europe.D’ailleurs, au Laos, si vous avez la chance de croiser un aîné, peut-être pourrez vous discuter en français avec lui puisque plusieurs personnes de cette génération ont eu à apprendre la langue à une certaine époque.

D’ailleurs, c’est peut-être à cause de ce charme mi-asiatique, mi-européen et de toute l’histoire que renferme la ville que Luang Prabang est classée depuis 1995 Patrimoine mondial de l’Humanité par l’UNESCO.

Tourisme urbain

La rue principale de Luang Prabang propose quelques restaurants et commerces intéressants

Même si son petit centre-ville ne consiste qu’en quelques rues, il est tout à fait possible de s’occuper pendant au moins une semaine à Luang Prabang. Par exemple, sur la rue principale, on trouve quelques restaurants intéressants, deux ou trois petites boutiques, des marchands extérieurs qui concoctent de bon sandwichs, un café Internet et plusieurs centres de massages offerts pour quelques dollars seulement. À quelques pas de cette rue, avec vue sur le Mékong, se trouvent même un bar, le Hive, et un café-librairie très sympathique, L’Étranger, ouverts par un couple de Québécois qui a eu le coup de foudre pour l’endroit. Aussi, les soirs, un grand marché d’artisanat prend place sur la rue principale et offre pour quelques dollars couvertures, sacs à main, vêtements et jouets aux nombreux visiteurs qui le parcourent. Il s’y trouvent de très jolies choses…

Plus d’une soixantaine de temples se trouvent à Luang Prabang; plusieurs moines choisissent donc d’y vivre

Enclavée entre montagnes et cours d’eau, la ville propose aux touristes des promenades au décor très intéressant. Luang Prabang étant considérée comme un haut symbole du bouddhisme en Asie, il est aussi possible, en marchant dans la ville, de croiser et même de discuter avec des moines bouddhistes qui sont très nombreux à y vivre. Leurs appartements et leurs temples sont aussi très intéressants à visiter.Autour de Luang Prabang, plusieurs activités sont aussi possibles et il est très facile de s’en informer dans les nombreux centres de la rue principale offrant des tours touristiques.

Une promenade dans la jungle

Des chutes d’un turquoise impressionnant se trouvent à quelques minutes de la ville

À quelques minutes en minibus de la ville se trouvent des chutes superbes d’une couleur turquoise où il est très agréable de passer un après-midi. À partir de la ville, en bateau, on peut accéder à une grotte sacrée où se trouvent des centaines de statuettes de Bouddha apportées par des fidèles. Aussi, très populaires en Asie, les forfaits d’une journée ou d’une demie journée proposant diverses activités sont souvent offerts; visites de villages, randonnées avec guide et promenades d’éléphants à travers les bambous et les palmiers sont parmi les plus populaires. Au milieu de la jungle, dans les villages sans route et coupés de tout, on peut voir les familles assises à prendre le repas ensemble par terre au milieu de la seule pièce de la maison faite en bambou et on peut assister à la fabrication des objets usuels à l’aide de tiges de blés qui servent de balais ou de matière de rembourrage pour les oreillers. Bref on y voit la vie authentique laotienne. Les enfants qui courent nus à travers les sangliers et les poules sont beaux comme des anges et ils sont intrigués autant qu’attirés par les visiteurs. Méfiants mais curieux, ils se cachent derrière les portes de bois, sortent un œil et crient des « sabadi! » (bonjour) joyeux et une petite fille tend une poignée de riz sale en signe de bienvenue aux mystérieux étrangers qui se sentent assurément dépaysés.

Mais attention tout cet exotisme recherché pas les touristes devient parfois néfaste pour les habitants puisque certains villages sont de plus en plus exploités touristiquement. Il faut s’assurer de laisser, lors de ces visites, une certaine intimité aux habitants et surtout, de leur montrer un respect en leur demandant la permission de prendre des photos ou en encourageant leurs commerces par exemple.

Les villages du Laos offrent une expérience enrichissante dont il faut profiter avec respect

Souvent, les forfaits offerts sont prétextes à des rencontres enrichissantes avec le peuple laotien. Que ce soit en visite à un village typique ou en discutant avec les guides locaux, qui sont souvent les rares Laotiens à parler anglais, on peut en profiter pour en apprendre davantage sur le pays en posant les questions qui nous intriguent depuis le début du voyage. « Que faites-vous avec les queues des chats qui sont toutes manquantes? » Le guide sera peut-être un peu offusqué que l’on puisse penser qu’ils les mangent, mais il expliquera volontiers aux visiteurs curieux que comme la majorité des habitants du pays vénèrent Bouddha, qui est souvent représenté avec des chats, il n’est pas question de manger les pauvres bêtes! Il ajoutera peut-être que les chats sont tout simplement nés sans queue mais que pour sa part, le chien n’a pas la même chance et se déguste lors des grandes occasions.

Ailleurs au Laos
En dehors de Luang Prabang, les principaux attraits touristiques du Laos sont Vientiane, la capitale actuelle, et le plateau des Bolaven, dans le sud du pays, qui propose diverses excursions dans la jungle et dans un Laos inchangé depuis plusieurs années où les agriculteurs cultivent encore au rythme de la nature.

Un voyage fait d’imprévus

Les “slowboats”, nécessaires au voyage jusqu’en Thailande

En visitant le Laos, en plus de s’attendre à faire face à la pauvreté, il ne faut pas oublier que le phénomène du tourisme est encore nouveau dans le pays. Même si les structures commencent à être assez bien organisées, il faut parfois, en tant que touristes, faire preuve de patiente et de compréhension face à un système beaucoup plus lent que le nôtre et à une structure touristique différente. Il faut être prêt par exemple, à ne pas coucher dans de grands hôtels mais à être accueilli dans des maisons d’invités tenues par des familles qui souvent, ne parlent ni anglais, ni français. Autre exemple où l’adaptation est nécessaire? Pour sortir de Luang Prabang et se rendre vers la Thaïlande, aucune route n’existe. Les seules options? Le bateau rapide qui conduit les touristes à la frontière en quelques heures mais qui inclut des risques de blessures graves étant donné la vitesse du bateau, ou le bateau lent qui nécessite deux jours de voyage sur des bancs de bois dont le confort est douteux. Bref, il faut être soit très bien organisé pour visiter la région, soit être préparé à s’adapter aux imprévus qui sont assez fréquents au Laos. Mais tout compte fait, n’est-ce pas ça le voyage? Se laisser guider par les moyens offerts par le pays et se rendre compte, après deux jours de voyage lent sur le plus grand cours d’eau d’Asie que ce chemin devient finalement un des plus beaux moments du séjour? Les imprévus peuvent être si beaux au Laos…